Ilisu
Nouveau scandale dans le projet Ilisu (07.06.10)
Malgré les belles promesses des autorités turques, les monuments historiques de la ville d’Hasankeyf ne seront vraisemblablement pas préservés et les habitants seront déplacés sans toucher d’indemnités suffisantes. Un scandale dont l’entreprise autrichienne Andritz est coresponsable.
Selon les informations fournies par l’initiative pour la sauvegarde d’Hasankeyf, les habitants du village d’Ilisu seront déplacés dans deux mois, selon des modalités qui menacent leurs conditions d’existence. En effet, alors que les personnes concernées toucheront au maximum 20 000 livres turques pour la perte de leur maison, le prix des nouvelles habitations s’élève à 70 000 livres, soit environ 25 000 euros de plus que le dédommagement versé par l’Etat.
«Les habitants d’Ilisu sont désespérés, et même ceux qui plaidaient auparavant pour le barrage s’y opposent désormais à l’unanimité», rapporte Ipek Tasli, de l’initiative pour la sauvegarde d’Hasankeyf, après s’être entretenu avec les villageois. Alors que les autorités avaient fait miroiter à la population locale les nouvelles places de travail générées par le chantier, la plupart des ouvriers recrutés pour les travaux viennent d'autres régions de la Turquie. Lorsque leurs terres seront englouties, les habitants d’Ilisu, qui vivent principalement de l’agriculture, ne pourront plus subvenir à leurs besoins. Alors qu’ils ne peuvent d’ores et déjà plus utiliser certaines zones, confisquées pour les travaux de construction, aucune indemnité n’a été versée pour compenser ces pertes. Dans ces circonstances, comment les personnes concernées pourront-elles, en plus, rembourser les crédits contractés pour l’achat de nouvelles maisons?
«Si l’entreprise autrichienne Andritz AG ne renonce pas à sa participation, elle se rend coresponsable de ce scandale», commente Thomas Wenidoppler, de ECA-Watch Autriche. Il y a quelques semaines, on apprenait qu’il s’agissait de l’unique firme européenne encore impliquée dans le projet d'Ilisu, tous les autres partenaires européens ayant suivi les recommandations de l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse. En juillet 2009, ces gouvernements annonçaient en effet leur retrait du projet, car la Turquie ne respectait pas les standards environnementaux et sociaux fixés par la Banque mondiale.
La Turquie ne tient pas une autre de ses promesses. Le 24 mai dernier, un article du Hürriyet Daily News révélait que, d'après les plans des services publics turcs, l’ancien pont d’Hasankeyf et la mosquée disparaitraient malgré tout sous les eaux du barrage d’Ilisu. Jusqu’à maintenant, les autorités turques avaient toujours assuré qu’elles entendaient «sauver» la ville d’Hasankeyf en déplaçant ses douze monuments les plus importants. Désormais, il n’est plus question que de reconstruire des copies d’un patrimoine culturel d’une très grande richesse.
«Les promesses du Premier ministre Erdogan apparaissent désormais comme une pure stratégie de communication visant à calmer les critiques à l’encontre du projet», dénonce Heike Drillisch, coordinatrice du réseau allemand. «Apparemment, Erdogan ne se préoccupe ni des biens culturels ni de la réputation de son pays au niveau international.» De nombreux personnages publics, des parlementaires de plusieurs pays et le conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) se sont exprimés pour la sauvegarde d’Hasankeyf.
Selon les informations fournies par l’initiative pour la sauvegarde d’Hasankeyf, les habitants du village d’Ilisu seront déplacés dans deux mois, selon des modalités qui menacent leurs conditions d’existence. En effet, alors que les personnes concernées toucheront au maximum 20 000 livres turques pour la perte de leur maison, le prix des nouvelles habitations s’élève à 70 000 livres, soit environ 25 000 euros de plus que le dédommagement versé par l’Etat.
«Les habitants d’Ilisu sont désespérés, et même ceux qui plaidaient auparavant pour le barrage s’y opposent désormais à l’unanimité», rapporte Ipek Tasli, de l’initiative pour la sauvegarde d’Hasankeyf, après s’être entretenu avec les villageois. Alors que les autorités avaient fait miroiter à la population locale les nouvelles places de travail générées par le chantier, la plupart des ouvriers recrutés pour les travaux viennent d'autres régions de la Turquie. Lorsque leurs terres seront englouties, les habitants d’Ilisu, qui vivent principalement de l’agriculture, ne pourront plus subvenir à leurs besoins. Alors qu’ils ne peuvent d’ores et déjà plus utiliser certaines zones, confisquées pour les travaux de construction, aucune indemnité n’a été versée pour compenser ces pertes. Dans ces circonstances, comment les personnes concernées pourront-elles, en plus, rembourser les crédits contractés pour l’achat de nouvelles maisons?
«Si l’entreprise autrichienne Andritz AG ne renonce pas à sa participation, elle se rend coresponsable de ce scandale», commente Thomas Wenidoppler, de ECA-Watch Autriche. Il y a quelques semaines, on apprenait qu’il s’agissait de l’unique firme européenne encore impliquée dans le projet d'Ilisu, tous les autres partenaires européens ayant suivi les recommandations de l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse. En juillet 2009, ces gouvernements annonçaient en effet leur retrait du projet, car la Turquie ne respectait pas les standards environnementaux et sociaux fixés par la Banque mondiale.
La Turquie ne tient pas une autre de ses promesses. Le 24 mai dernier, un article du Hürriyet Daily News révélait que, d'après les plans des services publics turcs, l’ancien pont d’Hasankeyf et la mosquée disparaitraient malgré tout sous les eaux du barrage d’Ilisu. Jusqu’à maintenant, les autorités turques avaient toujours assuré qu’elles entendaient «sauver» la ville d’Hasankeyf en déplaçant ses douze monuments les plus importants. Désormais, il n’est plus question que de reconstruire des copies d’un patrimoine culturel d’une très grande richesse.
«Les promesses du Premier ministre Erdogan apparaissent désormais comme une pure stratégie de communication visant à calmer les critiques à l’encontre du projet», dénonce Heike Drillisch, coordinatrice du réseau allemand. «Apparemment, Erdogan ne se préoccupe ni des biens culturels ni de la réputation de son pays au niveau international.» De nombreux personnages publics, des parlementaires de plusieurs pays et le conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) se sont exprimés pour la sauvegarde d’Hasankeyf.



