Triumph bafoue la liberté d’expression! (2008)
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Le cas Triumph n’est toujours pas résolu  (27.08.08)
Une syndicaliste licenciée pour un T-shirt !

Le 30 juillet 2008, une des filiales thaïlandaises du fabriquant de lingerie Triumph International, dont le siège est à Zurzach dans le canton d’Argovie, a licencié la présidente syndicale Jitra Kotshadej pour avoir porté en public un T-shirt en faveur de la liberté d’expression. «Ceux qui ne se lèvent pas ne sont pas des criminels, penser différemment n’est pas un crime». Ce message fait référence au droit de rester assis lors de l’hymne national et à l’interprétation abusive de la législation sur le délit de lèse-majesté, qui permet au régime thaïlandais de réprimer durement l’opposition politique. La présidente syndicale a été licenciée par la filiale de Triumph Body Fashion Thaïlande (BFT), malgré le fait qu’elle ait pris la parole à titre privé et non pas en tant que représentante syndicale ou en tant qu’employée de BFT. Après son licenciement, 3000 de ses collègues se sont mis en grève pendant 45 jours en signe de solidarité.

La grève est terminée mais la syndicaliste n’a toujours pas été réintégrée
Des milliers de consommateurs et d’activistes du droit du travail se sont montrés solidaires des ouvriers de Body Fashion Thailand et ont appelé Triumph à annuler le licenciement de Mme Kotshadej. Pour mettre fin à la grève, Triumph s’est engagé à ne pas prendre de mesure disciplinaire contre les employés qui y ont pris part et à leur verser une compensation de 5200 Bahts, ce qui correspond à 15 jours de salaire. En revanche, Triumph a décidé de déléguer à un tribunal la décision concernant Mme Kotshadej. La peur de licenciements et les pressions financières – les salaires des employés n’ont pas été versés pendant la période de grève – ont poussé le syndicat à accepter cet accord.

En première instance, la Cour du travail thaïlandaise avait validé le licenciement de Jitra Kotshadej. Le 23 septembre, cette même cour a cependant accepté de se prononcer sur le recours de Mme Kotshadej contre ce premier verdict. BFT a refusé de reconsidérer sa position avant l’audition en justice qui aura lieu le 17 novembre 2008.

Triumph ne respecte pas ses propres engagements !

Du 23 septembre au 3 octobre, Wanphen Wongsombat, du syndicat Triumph International Thailand, et Premjai Jaikla de Thai Labour Campaign effectuent une campagne d’information et de sensibilisation en Europe. Ils s’arrêteront dans cinq pays pour demander à Triumph de respecter son code de conduite, les standards internationaux en matière de droits du travail, ainsi que les droits humains fondamentaux.

La Campagne Clean Clothes reste préoccupée par l’absence d’un réel engagement de la part de Triumph quant à la mise en œuvre du code de conduite que le groupe s’est lui-même fixé, et qui garantit notamment la liberté d’expression de ses employés.




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