Triumph bafoue la liberté d’expression! (2008)
Des milliers d'employés licenciés (27.07.09)
Le 25 juin dernier, la direction de Body Fashion Thaïlande (BFT) a annoncé à ses ouvriers que l’usine resterait fermée du 27 au 28 juin en raison d’un congé extraordinaire. A leur retour, ces derniers ont appris que 1959 des 4200 employés du site allaient être licenciés à la fin du mois d’août. La plupart des travailleurs concernés par cette décision sont affiliés au syndicat de l’usine. 13 des 19 membres du comité syndical ont été renvoyés. Le département « maillots de bain », particulièrement actif durant la grève de 2008 et pleinement solidaire avec l’ancienne présidente du syndicat licenciée, Jitra Kotshadej, fermera complètement. La direction invoque des raisons économiques pour justifier ces licenciements. Pour le syndicat, il s’agit là d’un cas de discrimination syndicale.
D’autres décisions prises par l’entreprise suisse Triumph International donnent raison au syndicat. Le 1er mai, la Worldwell Garment Company Ltd, sous-traitant de BFT de 2007 à 2009 et producteur de maillots de bain pour Triumph International, a fermé ses portes. Ses 41 ouvriers ont été licenciés sans percevoir leurs derniers salaires et les indemnités de licenciements prévues par la loi, soit 2,4 millions de bath au total. A ce jour, cette somme n’a toujours pas été versée.
Aux Philippines, la fermeture, à la fin du mois d’août, de Triumph International (Philippines) Ltd. et Star Performance Inc. provoquera le licenciement de 1660 employés. Dans les deux cas, il s’agit d’usines au sein desquelles les syndicats étaient actifs. Elles ont été fermées en violation avec les lois philippines et les accords conclus avec le syndicat.
Triumph International invoque la crise économique mondiale et la récession pour justifier ces licenciements. Pourtant, l’entreprise suisse a décidé de fermer en premier lieu les usines dans lesquelles les syndicats sont bien implantés. En 2008, une nouvelle usine a même été ouverte en Thaïlande, au sein de laquelle aucun syndicat n’est actif. Triumph prévoit d’y employer 2000 personnes, dont 1000 ont déjà été engagées.
Le licenciement des représentants syndicaux et la fermeture définitive d’usines syndiquées sont des mesures bien connues pour empêcher ou mettre un terme aux activités syndicales, en violation des principales conventions de l’OIT et des recommandations de l’OCDE pour les entreprises multinationales.
Les syndicats thaïlandais et philippins se sont unis dans la lutte contre l’entreprise suisse Triumph pour défendre les droits de leurs membres. La Campagne Clean CLothes internationale soutient leurs revendications. Elle demande à la direction de Triumph d’annuler ces licenciements, de mettre à disposition les informations complètes qui ont conduit à cette restructuration délibérée, de s’engager dans une négociation transparente avec les syndicats et de respecter les principales conventions de l’OIT ainsi que les recommandations de l’OCDE pour les entreprises multinationales.
Depuis l’annonce des licenciements, les syndicats protestent devant les usines thaïlandaises et philippines. Le 24 juillet, ils manifesteront également devant les ambassades suisses de Bangkok (Thaïlande) et de Manille (Philippines).
La campagne pour les droits des travailleurs licenciés de Triumph est menée par :
• Le syndicat Triumph en Thaïlande (TITLU)
• Le syndicat Triumph aux Philippines (BPMTI)
Elle est soutenue par :
• Thai Labour Campaign (TLC)
• La Campagne Clean Clothes (CCC)
• Le syndicat UNIA
• Asian Monitor Resource Centre (AMRC)
• Committee for Asian Women (CAW)
• TIE Germany








