Les produits dérivés
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Les produits dérivés sont des titres dérivés d’autres titres ou d’activités. Il s’agit de produits financiers tels que les certificats, les contrats à terme (futures), les bons de sous-cription (warrants), les options, les certificats d’option, les opérations à terme (forwards) et les échanges (swaps). Les « valeurs de base » peuvent être des actions, des obligations, des matières premières, des métaux précieux, des cours de change ou encore des intérêts et des indices boursiers. La plus petite fluctuation de la valeur de base peut être à l’origine de très grandes variations du cours des dérivés, vers le bas comme vers le haut.

La valeur des produits dérivés négociés dans le monde correspond à huit fois le produit intérieur brut (PIB) de tous les pays, c’est-à-dire à huit fois l’ensemble des biens et des services produits dans le monde en une année. En 2005, le volume des transactions réalisé par les Bourses de produits dérivés a été plus de trente fois supérieur au produit national brut de la planète.

Les produits dérivés peuvent être utilisés afin de se prémunir contre les fluctuations du cours des devises, les écarts de prix des marchandises ou les variations du cours des titres (hedging). Quand ces dérivés sont négociés dans cette intention, encore fondée sur l’économie réelle, il ne s’agit pas de spéculation pure. Pourtant, les instituts financiers n’ont presque aucune limite dans la création de nouveaux produits dérivés et dans leur combinaison (pour obtenir ce qu’on nomme des produits structurés). Même les dettes contractées par des tiers vis-à-vis d’un établissement bancaire peuvent être transformées en titres négociables sur le marché. C’est pourquoi la crise des prêts hypothécaires à hauts risques (subprime) sur le marché états-unien, en été 2007, a également touché les fonds spéculatifs et les institutions qui avaient acheté des dérivés adossés à ces hypothèques (appelés dans le jargon dettes garanties ou collateralized debt obligations).

La plupart des produits dérivés sont négociés à terme. Il s’agit d’un droit ou d’une obligation d’acheter ou de vendre quelque chose à une date déterminée. En achetant une option, on obtient par exemple le droit d’acheter (option d’achat ou call-option) ou de vendre (option de vente ou put-option) une quantité définie d’actions à un prix contractuel, pendant une période donnée (durée du contrat) ou à son échéance (date d’exercice), sans pour autant être contraint à cet achat ou à cette vente. Avec les options d’achat, on mise sur l’augmentation des cours, alors que, avec les options de vente, on s’attend à une baisse. L’option elle-même peut être négociée et il est ainsi possible de spéculer également sur la hausse du cours de l’option.

Les futures, négociés en Bourse, et les forwards, hors marchés boursiers, sont des contrats à terme qui doivent être réalisés jusqu’à la date d’échéance.

Une partie des produits dérivés sont standardisés et se négocient dans des Bourses spécialisées. Il existe également des dérivés qui sont échangés directement entre partenaires commerciaux spécialisés. Ceux-ci sont appelés « hors cote » ou « hors Bourse » (over the counter). Le négoce de produits dérivés hors Bourse est particulièrement opaque. Au final, les chiffres inscrits au bilan n’ont plus rien à voir avec la réalité. Les produits dérivés permettent aussi de créer de manière ciblée des structures financières complexes, afin de blanchir de l’argent ou de permettre une évasion fiscale agressive.




Voir aussi :
Bulles financières et krachs boursiers
La spéculation
Les hedge funds