Halte au Paraquat
Complice d’intoxication, Syngenta est déclarée coupable (01.11.06)
(Cet article est tiré du Solidaire 188)
Malgré les dizaines de milliers de personnes qui en sont victimes chaque année et les appels répétés de la société civile, Syngenta refuse de retirer son pesticide du marché. Evidemment, puisqu’elle fait plusieurs centaines de millions de francs de chiffre d’affaires avec ce produit, pourtant interdit dans de nombreux pays. La Déclaration de Berne a décidé, à la fin septembre, de relancer sa campagne «Halte au paraquat» par le biais d’un tribunal public en ligne.
Au Pakistan, la plupart des cultivateurs ne savent ni lire ni écrire. Il est donc primordial que les informations de sécurité pour l’usage des pesticides qu’ils épandent soient disponibles sous forme de pictogrammes compréhensibles. La DB est allée le vérifier sur place. Le Gramoxone – nom de marque sous lequel l’entreprise agrochimique suisse Syngenta vend le paraquat – se trouve là-bas en flacons d’apparence inoffensive portant l’étiquette ci-dessous:
Au Pakistan, la plupart des cultivateurs ne savent ni lire ni écrire. Il est donc primordial que les informations de sécurité pour l’usage des pesticides qu’ils épandent soient disponibles sous forme de pictogrammes compréhensibles. La DB est allée le vérifier sur place. Le Gramoxone – nom de marque sous lequel l’entreprise agrochimique suisse Syngenta vend le paraquat – se trouve là-bas en flacons d’apparence inoffensive portant l’étiquette ci-dessous:

Alors? Etes-vous en mesure de déchiffrer ces pictogrammes et d’utiliser ce produit en toute sécurité? Non? Ne vous inquiétez pas: les revendeurs pakistanais interrogés ne pouvaient pas non plus interpréter ces signes correctement! La seule chose qui semble à peu près claire, c’est qu’il faut utiliser des gants et des lunettes de protection. Mais à la question de savoir où l’on pouvait en trouver dans cette petite ville, le vendeur répondit par un haussement d’épaules. Pas étonnant qu’aucun des utilisateurs interrogés ne puisse se protéger de manière adéquate contre les dangers de ce produit.
Risques d’intoxication mortelle
Or, ces dangers sont considérables et les accidents liés au paraquat provoquent chaque année des dizaines de milliers d’intoxications, trop souvent mortelles, parmi les cultivateurs, sans parler de sa redoutable efficacité lors de tentatives de suicide. Il n’existe aucun antidote. Pourtant, comme l’a fait remarquer la Malaisienne Irene Fernandez, directrice du Pesticide Action Network Asie-Pacifique, lors de la conférence de presse organisée par la DB le 17 octobre dernier, Syngenta ne se préoccupe pas des effets néfastes du paraquat sur les travailleurs agricoles des pays du Sud. A cette occasion, François Meienberg, responsable de la campagne contre le paraquat, a rappelé que «Syngenta commet un acte de négligence grave en vendant du paraquat dans des pays où il est avéré que ce produit n’est pas utilisé correctement» et qu’elle «se rend ainsi directement complice de dizaines de milliers de cas d’intoxications chaque année». La Déclaration de Berne a donc mis en place un tribunal public sur internet, invitant la société civile à dénoncer le comportement de Syngenta. En quelques semaines, plus de 12 000 personnes avaient déjà rendu leur verdict de culpabilité (www.tribunal.paraquat.ch), demandant ainsi à l’entreprise suisse de retirer son produit du marché. Si ce n’est pas déjà fait, venez, vous aussi, consulter le dossier de l’affaire paraquat pour vous forger une opinion et donner votre verdict. Et, surtout, faites-le savoir plus loin!
Risques d’intoxication mortelle
Or, ces dangers sont considérables et les accidents liés au paraquat provoquent chaque année des dizaines de milliers d’intoxications, trop souvent mortelles, parmi les cultivateurs, sans parler de sa redoutable efficacité lors de tentatives de suicide. Il n’existe aucun antidote. Pourtant, comme l’a fait remarquer la Malaisienne Irene Fernandez, directrice du Pesticide Action Network Asie-Pacifique, lors de la conférence de presse organisée par la DB le 17 octobre dernier, Syngenta ne se préoccupe pas des effets néfastes du paraquat sur les travailleurs agricoles des pays du Sud. A cette occasion, François Meienberg, responsable de la campagne contre le paraquat, a rappelé que «Syngenta commet un acte de négligence grave en vendant du paraquat dans des pays où il est avéré que ce produit n’est pas utilisé correctement» et qu’elle «se rend ainsi directement complice de dizaines de milliers de cas d’intoxications chaque année». La Déclaration de Berne a donc mis en place un tribunal public sur internet, invitant la société civile à dénoncer le comportement de Syngenta. En quelques semaines, plus de 12 000 personnes avaient déjà rendu leur verdict de culpabilité (www.tribunal.paraquat.ch), demandant ainsi à l’entreprise suisse de retirer son produit du marché. Si ce n’est pas déjà fait, venez, vous aussi, consulter le dossier de l’affaire paraquat pour vous forger une opinion et donner votre verdict. Et, surtout, faites-le savoir plus loin!



