Ilisu
Une garantie accordée… sans garantie! (22.12.06)
Le 15 décembre 2006, le Conseil fédéral a donné son accord de principe, assorti de plus d'une centaine de conditions, pour une garantie contre les risques à l'exportation (GRE) en faveur des quatre entreprises suisses engagées dans le gigantesque projet hydroélectrique d'Ilisu, dans le sud-est de la Turquie. Ce barrage créerait une retenue de 130 kilomètres sur le Tigre, à proximité de la frontière avec la Syrie et l'Irak.
Dès le dépôt de la demande de garantie, la Déclaration de Berne avait émis de nombreuses réserves sur ce projet, notamment en raison du déplacement de 55'000 personnes, de la disparition de vestiges vieux de 5000 ans, de la destruction de zones humides uniques et des problèmes politiques posés par la fermeture du Tigre pour les pays situés en aval.
La Déclaration de Berne regrette qu'une décision positive ait été prise malgré l'absence de moyens et de planification pour atténuer l'impact du barrage. La centaine de conditions posées par le Conseil fédéral montre à quel point le projet d'Ilisu est encore loin des exigences posées par la Banque mondiale et l'OCDE. Tous les experts le disent: les terres disponibles ne suffiront pas à reloger les personnes déplacées, et la Turquie ne dispose pas des moyens nécessaires pour compenser équitablement les pertes subies par les personnes déplacées ou qui verront leur terre disparaître sous les eaux. Il faudrait l'équivalent de 1 milliard de francs alors que la Turquie ne dispose que de l'équivalent de 100 millions de francs par année.
La Déclaration de Berne craint que l'approbation conditionnée de la GRE ne soit qu'un miroir aux alouettes et qu'on ne puisse plus la retirer une fois la construction commencée. Elle demande à la Suisse de publier l'ensemble des conditions posées et à la Turquie d'initier un véritable dialogue avec les personnes concernées et de passer un accord formel pour le partage des eaux avec les Etats riverains. Le Conseil fédéral doit tenir parole et n'octroyer les garanties définitives qu'une fois tous les standards de la Banque mondiale appliqués. C'est pourquoi la Déclaration de Berne va continuer de suivre le dossier de près et demande un siège dans le comité d'experts indépendants annoncé par le Conseil fédéral.
Dès le dépôt de la demande de garantie, la Déclaration de Berne avait émis de nombreuses réserves sur ce projet, notamment en raison du déplacement de 55'000 personnes, de la disparition de vestiges vieux de 5000 ans, de la destruction de zones humides uniques et des problèmes politiques posés par la fermeture du Tigre pour les pays situés en aval.
La Déclaration de Berne regrette qu'une décision positive ait été prise malgré l'absence de moyens et de planification pour atténuer l'impact du barrage. La centaine de conditions posées par le Conseil fédéral montre à quel point le projet d'Ilisu est encore loin des exigences posées par la Banque mondiale et l'OCDE. Tous les experts le disent: les terres disponibles ne suffiront pas à reloger les personnes déplacées, et la Turquie ne dispose pas des moyens nécessaires pour compenser équitablement les pertes subies par les personnes déplacées ou qui verront leur terre disparaître sous les eaux. Il faudrait l'équivalent de 1 milliard de francs alors que la Turquie ne dispose que de l'équivalent de 100 millions de francs par année.
La Déclaration de Berne craint que l'approbation conditionnée de la GRE ne soit qu'un miroir aux alouettes et qu'on ne puisse plus la retirer une fois la construction commencée. Elle demande à la Suisse de publier l'ensemble des conditions posées et à la Turquie d'initier un véritable dialogue avec les personnes concernées et de passer un accord formel pour le partage des eaux avec les Etats riverains. Le Conseil fédéral doit tenir parole et n'octroyer les garanties définitives qu'une fois tous les standards de la Banque mondiale appliqués. C'est pourquoi la Déclaration de Berne va continuer de suivre le dossier de près et demande un siège dans le comité d'experts indépendants annoncé par le Conseil fédéral.


