Public Eye Awards 2006
Davos: les oscars de l'irresponsabilité (21.04.06)
(Cet article est tiré du Solidaire 185)
Alors que le World Economic Forum (WEF) se penchait sur l’augmentation du prix des matières premières provoquée par la forte demande tant chinoise qu’indienne, la Déclaration de Berne «récompensait» les entreprises multinationales pour leurs comportements particulièrement irresponsables dans les catégories «social», «environnement» et «fiscalité».
Le mercredi 25 janvier 2006, la Déclaration de Berne et Pro Natura ont décerné à Davos pour la deuxième année consécutive leurs «Public Eye Awards».
Mickey aux mains sales
Walt Disney s’est distingué dans la catégorie «social» en tolérant des conditions de travail insupportables et des violations des droits humains dans les fabriques de ses fournisseurs. Chevron Corp. a été élue dans la catégorie «environnement» pour avoir pollué (alors sous le nom de Texaco) pendant trente ans de grandes surfaces de la forêt amazonienne au nord de l’Equateur et refusé, jusqu’à aujourd’hui, de réparer les dégâts. Citigroup Inc., l’une des plus grandes banques du monde, a eu l’honneur de recevoir le Public Eye Award de la catégorie «fiscalité». Cette distinction lui a été accordée à la suite de ses efforts entrepris pour favoriser l’évasion fiscale en aidant des personnes fortunées, des potentats et des entreprises à échapper au fisc de leur pays en mettant à leur disposition les services de sociétés offshore.
La voix critique de Davos
La Déclaration de Berne ne s’est pas contentée de distribuer des prix, elle a aussi écouté attentivement les déclarations des participants au WEF – souvent reprises telles quelles dans les médias, particulièrement en Suisse romande. Par des communiqués de presse critiques, la Déclaration de Berne a diffusé les informations «oubliées». Elle a cherché à décrire les activités douteuses de certaines entreprises dont les patrons embellissaient l’image lors des conférences du WEF.
Le géant indien sans scrupules
Pendant que le coprésident du WEF de cette année, Mukesh Ambani, CEO et copropriétaire du géant indien Reliance Industries Limited, affirmait que «les entreprises globales sont les meilleures armes contre la pauvreté», la Déclaration de Berne expliquait le caractère très autocratique de sa compagnie et ses pratiques peu transparentes. Plus grande entreprise privée indienne, elle est présente dans les secteurs de l’énergie, du textile, de la finance et des télécommunications. C’est dans ce dernier secteur que Reliance a réussi à obtenir de manière douteuse l’accès aux licences du marché sans fil indien à un prix défiant toute concurrence. Cette acquisition lui a permis d’établir un monopole de fait sur le marché national de la téléphonie mobile.
Vivement le réchauffement!
Lors d’une discussion qui a eu lieu le 27 janvier au centre des congrès, accessible seulement pour les «Strategic Partners» du WEF et à notre oreille indiscrète, les questions du changement climatique et de la fonte de la calotte glaciaire arctique ont été abordés avec pragmatisme: «La fonte de la couche de glace arctique pourrait libérer les gisements pétroliers probablement immenses qui sont situés au-dessous. De nouvelles voies pour la navigation, des fonds de pêche commerciale et même le célèbre passage du nord-ouest sont également en jeu.» Sans commentaire.
Rafaël Ackermann
Le mercredi 25 janvier 2006, la Déclaration de Berne et Pro Natura ont décerné à Davos pour la deuxième année consécutive leurs «Public Eye Awards».
Mickey aux mains sales
Walt Disney s’est distingué dans la catégorie «social» en tolérant des conditions de travail insupportables et des violations des droits humains dans les fabriques de ses fournisseurs. Chevron Corp. a été élue dans la catégorie «environnement» pour avoir pollué (alors sous le nom de Texaco) pendant trente ans de grandes surfaces de la forêt amazonienne au nord de l’Equateur et refusé, jusqu’à aujourd’hui, de réparer les dégâts. Citigroup Inc., l’une des plus grandes banques du monde, a eu l’honneur de recevoir le Public Eye Award de la catégorie «fiscalité». Cette distinction lui a été accordée à la suite de ses efforts entrepris pour favoriser l’évasion fiscale en aidant des personnes fortunées, des potentats et des entreprises à échapper au fisc de leur pays en mettant à leur disposition les services de sociétés offshore.
La voix critique de Davos
La Déclaration de Berne ne s’est pas contentée de distribuer des prix, elle a aussi écouté attentivement les déclarations des participants au WEF – souvent reprises telles quelles dans les médias, particulièrement en Suisse romande. Par des communiqués de presse critiques, la Déclaration de Berne a diffusé les informations «oubliées». Elle a cherché à décrire les activités douteuses de certaines entreprises dont les patrons embellissaient l’image lors des conférences du WEF.
Le géant indien sans scrupules
Pendant que le coprésident du WEF de cette année, Mukesh Ambani, CEO et copropriétaire du géant indien Reliance Industries Limited, affirmait que «les entreprises globales sont les meilleures armes contre la pauvreté», la Déclaration de Berne expliquait le caractère très autocratique de sa compagnie et ses pratiques peu transparentes. Plus grande entreprise privée indienne, elle est présente dans les secteurs de l’énergie, du textile, de la finance et des télécommunications. C’est dans ce dernier secteur que Reliance a réussi à obtenir de manière douteuse l’accès aux licences du marché sans fil indien à un prix défiant toute concurrence. Cette acquisition lui a permis d’établir un monopole de fait sur le marché national de la téléphonie mobile.
Vivement le réchauffement!
Lors d’une discussion qui a eu lieu le 27 janvier au centre des congrès, accessible seulement pour les «Strategic Partners» du WEF et à notre oreille indiscrète, les questions du changement climatique et de la fonte de la calotte glaciaire arctique ont été abordés avec pragmatisme: «La fonte de la couche de glace arctique pourrait libérer les gisements pétroliers probablement immenses qui sont situés au-dessous. De nouvelles voies pour la navigation, des fonds de pêche commerciale et même le célèbre passage du nord-ouest sont également en jeu.» Sans commentaire.
Rafaël Ackermann


