Assemblée générale de Roche: la DB dénonce des pratiques scandaleuses
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Le 2 mars à Bâle se tenait l'assemblée générale de Roche. Présente dans la salle, la DB a interpellé la direction pour lui demander de mettre un terme aux essais cliniques que l’entreprise pharmaceutique mène en Chine pour tester l’efficacité de son médicament antirejet CellCept. Dans ce pays, plus de 90% des organes transplantés proviennent de condamnés à mort et Roche elle-même avoue ne pas être en mesure d’attester de l’origine des organes concernés par ses études. Une pratique en violation de l’éthique médicale que les actionnaires ont également été invités à ne pas cautionner.

Dans le Centre des congrès de la Foire de Bâle, les médias n’étaient apparemment pas les bienvenus et la caméra indiscrète de la TSR n’a pu filmer que les 15 premières minutes de cette grande messe des actionnaires, où le consensus semble de rigueur. Jouant les «trouble-fête», Patrick Durisch, responsable santé à la DB, a demandé à Roche de prendre ses responsabilités (lire l'allocution de Patrick Durisch) et mettre un terme à ces essais cliniques scandaleux, pour lesquels l’entreprise recrute toujours des participants après un arrêt momentané entre mi-janvier et mi-février.

Une fois encore, Roche a affirmé ne pas être responsable de la provenance des organes ni même être en mesure de la connaître. La société bâloise soutient qu’elle fait le nécessaire en respectant les réglementations chinoises en vigueur et les principes éthiques promulgués par les organismes internationaux de référence. Or, celles-ci sont opposées au prélèvement d’organes de prisonniers, le consentement libre et sans contrainte ne pouvant être garanti dans un univers carcéral. Face aux dirigeants et actionnaires, Patrick Durisch a rappelé que «le groupe pharmaceutique a non seulement une obligation morale, mais également la charge de la preuve visant à s’assurer que les organes greffés sur les participants de l’étude sont conformes aux principes éthiques.»

A l’extérieur, notre ambassadeur de choc, le rappeur Greis, a tenté de remettre aux dirigeants les Public Eye Awards décernés à l’entreprise bâloise en janvier dernier, dont le redoutable prix du public. Sans succès. A Bâle, le directeur général de Roche et ses compères ont choisi d’ignorer les protestations des milliers de personnes qui, par leur vote, ont condamné ces pratiques contraires à l’éthique médicale et aux droits humains. Face aux quelque 700 actionnaires pourtant, ils ont affirmé être ouverts à la discussion sur cette problématique. Paroles en l’air ou perspective de dialogue, seul l’avenir nous le dira.

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