L'indice d'opacité financière (FSI)
Le réseau international pour la justice fiscale (Tax Justice Network, TJN) a présenté début octobre 2011 son nouvel indice d’opacité financière (Financial Secrecy Index) classant les places financières les moins transparentes du monde. La Suisse arrive en tête, devant les îles Caïmans et le Luxembourg.
A la demande du TJN, un groupe de scientifiques et d’experts financier a examiné pour la deuxième fois 71 paradis fiscaux et centres offshore afin de mesurer leur responsabilité respective dans l’opacité des flux financiers globaux. Le résultat est un classement des places financières les plus opaques. La Suisse arrive en tête de cette liste peu glorieuse. Elle s’est distinguée par son manque de transparence particulièrement élevé, constituant, aux yeux du TJN, une invitation à l’évasion fiscale ainsi qu’au blanchiment d’argent et permettant de mener des affaires financières troubles.
Les informations ayant permis de constituer ce nouvel indice d’opacité financière ont été recueillies le premier janvier 2011. Cela signifie que les nouveaux accords de double imposition conclus par la Suisse sur la base des standards de l’OCDE n’ont pas été pris en compte lors de l’élaboration de l’indice 2011 et cela explique en partie le résultat de la Suisse. Toutefois, même si ces accords avaient été considérés, la place financière helvétique n’aurait pu affirmer qu’elle était propre, contrairement à ce que les promoteurs de la soi-disant « stratégie de l’argent propre » martèlent volontiers. Le manque de transparence est une tradition helvétique qui va bien au-delà du secret bancaire. Ainsi les registres du commerce cantonaux sont lacunaires en comparaison internationale. Ils taisent plusieurs indications importantes, empêchant ainsi par exemple de connaître le détenteur ultime d’une société de domicile et l’ensemble de la chaîne de constructions juridiques placées entre lui et son entreprise. La lutte contre le blanchiment d’argent dont les offices fédéraux et les représentants de la place financière vantent volontiers les mérites demeurera lacunaire tant que les transactions immobilières et le négoce de matières premières ne seront pas soumises à la loi sur le blanchiment d’argent. Et la découverte, à la suite du printemps arabe, de comptes de kleptocrates renommés dans des banques suisses, montre que même le cœur du dispositif de défense contre les flux financiers illicites ne fonctionne pas de manière satisfaisante.
En définitive, il apparaît que la stratégie de l’argent propre n’est appliquée que lorsque la pression internationale est suffisamment forte pour que la Suisse fasse des concessions bilatérales. En d’autres termes, les autorités helvétiques poursuivent une stratégie à deux vitesses : de l’argent propre en provenance de l’Europe et de l’argent sale en provenance du reste du monde. Dans cette optique, la place financière suisse se spécialise de plus en plus dans les fonds évadés des pays émergents et en développement.
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Le classement 2011 |
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Site internet de l'Indice d'opacité financière 2011 |




