Réaction de Villars et commentaire de la DB
| Réponse de Villars à l'attention de ses clients |
La réponse de la DB au courrier de Villars
La campagne «Non à du chocolat suisse issu du travail des enfants» a provoqué des réactions de la part des fabricants suisses de chocolat. Plusieurs d’entre eux ont répondu aux milliers de cartes de critique envoyées par leurs clientes et clients. La DB prend ici position sur la réponse donnée par Villars Maître Chocolatier SA le 7 avril 2009. Elle salue le fait que le directeur général de Villars, Alexandre Sacerdoti, donne des informations sur la responsabilité sociale de l’entreprise. Villars n’avait pas réagi à notre questionnaire.Pour éviter l’exploitation des ouvriers dans les plantations de cacao, il est important de garantir la transparence, le contrôle et la traçabilité sur l’ensemble de la chaîne de production.
Commentaire général
La réponse de Villars est principalement composée d’extraits de texte rédigés par Chocosuisse et ne porte pas sur la responsabilité sociale de l’entreprise elle-même.
Une problématique multidimensionnelle.
Citation de Villars: «Vous abordez un problème complexe auquel nous ne pouvons pas donner de réponses simples et rapides ».Commentaire de la DB: La complexité du problème est indiscutable. Toutefois, il ne s’agit pas d’une raison valable pour ne pas chercher assidûment à le résoudre.
Engagement de Villars
Citation de Villars: «Au niveau de notre entreprise, nous avons pris dans le courant de ces dernières années plusieurs mesures pour tenir compte de la problématique du travail des enfants. Nous soutenons les initiatives de l’International Cocoa Initiative, nous travaillons avec un Groupe d’Ethique animé par le Professeur Patrice Meyer-Bisch et l’Université de Fribourg».Commentaire de la DB: Les mesures auxquelles Villars fait référence sont plutôt vagues et l’entreprise reporte sa responsabilité sur Chocosuisse, qui collabore avec l’International Cocoa Initiative. Il est impossible de savoir dans quelle mesure la commission d’éthique mentionnée s’occupe réellement de projets pour du cacao équitable et si ces derniers contribuent à l’amélioration des conditions de vie des producteurs de cacao en Afrique de l’Ouest. On ne connaît pas les modalités de la collaboration de Villars avec l’Université de Fribourg.
Chocosuisse
Citation de Villars: «Dans le cadre de Chocosuisse, la Fédération des fabricants suisses de chocolat, nous nous préoccupons intensivement depuis de nombreuses années des aspects sociaux de la culture de cacao en Afrique occidentale».Commentaire de la DB: Chocosuisse devrait définir plus précisément la nature de son engagement pour lutter contre le travail des enfants. La Fédération est membre de plusieurs initiatives et organisations, mais ne communique pas sur ces affiliations ni sur les résultats de cette coopération financière ou thématique. Les consommateurs souhaiteraient connaître l’impact réel de ces projets et savoir si ces instruments permettent de combattre efficacement les conditions de travail qui relèvent de l’exploitation.
Report des responsabilités
Citation de Villars: «La cause principale de l’exploitation des enfants, malheureusement présente dans de nombreux secteurs économiques d’Afrique de l’Ouest malgré l’engagement des autorités, réside dans l’extrême pauvreté qui sévit dans cette région du monde. C’est cette pauvreté qu’il faut combattre».Commentaire de la DB: Les difficultés sociales rencontrées par les pays d’Afrique dans la production du cacao sont reportées sur l’état et la société. Il est important de rappeler que les grands groupes industriels jouent un rôle décisif pour l’intégration économique des pays du Sud dans l’économie mondiale. Villars promet d’aider, mais leur argument final montre que les revendications des consommateurs et de la Déclaration de Berne ne sont pas prises en compte. La notion de responsabilité d’entreprise ne signifie pas que les entreprises occidentales doivent « aider les pays du Sud», mais qu’elles doivent entretenir des relations économiques justes avec leurs partenaires.
Conclusion
La réponse de Villars constitue un premier pas pour plus de transparence envers les consommateurs, mais l’approvisionnement en cacao reste très opaque. Jusqu’à maintenant, aucune mesure concrète pour la production de cacao équitable n’a été prise. La responsabilité est reportée sur les Etats et les entreprises africaines. Les explications données par Villars contribuent peu à la réalisation des exigences la DB. |
Retour aux portraits des entreprises 2010 |






