Réaction d'Alprose et commentaire de la DB
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   Réponse d'Alprose à l'attention de ses clients

La réponse de la DB au courrier d’Alprose

La campagne « Non à du chocolat suisse issu du travail des enfants » a provoqué des réactions de la part des fabricants suisses de chocolat. Plusieurs d’entre eux ont répondu aux milliers de cartes de critique envoyées par leurs clientes et clients. La DB prend ici position sur la réponse donnée par Alprose, le 10 avril 2009. Elle salue tout d’abord le fait que deux membres de la direction, Sergio Giuliani et Andrea Pettinari, répondent enfin aux préoccupations de leur clientèle. En effet, la direction n’avait jusqu’ici pas donné suite au questionnaire envoyé par la DB.

Pour éviter l’exploitation des ouvriers dans les plantations de cacao, il est important de garantir la transparence, le contrôle et la traçabilité sur l’ensemble de la chaîne de production. Bien qu’Alprose fasse état de certains progrès, de nombreuses contradictions et questions subsistent. La DB revient ici sur certaines d’entres elles.

Général

La réponse d’Alprose est principalement composée d’extraits de texte rédigés par Chocosuisse et ne porte pas sur la responsabilité sociale de l’entreprise elle-même : « Dans le cadre de Chocosuisse, la Fédération des fabricants suisses de chocolat, nous nous préoccupons depuis de nombreuses années des aspects sociaux de la culture du cacao en Afrique de l’Ouest ». La politique d’information d’Alprose reste donc très opaque.

Une problématique multidimensionnelle.

Citation d’Alprose (traduction de l’allemand) : « Vous abordez un problème complexe auquel nous ne pouvons pas donner de réponses simples et rapides ».
Commentaire de la DB : La complexité du problème est indiscutable. Toutefois, il ne s’agit pas d’une raison valable pour ne pas chercher assidûment à le résoudre.

Citation d’Alprose : « Au cours de ces dernières années, nous avons pris plusieurs mesures pour assumer notre responsabilité face à la problématique du travail des enfants en Afrique de l’Ouest. Chocolat Alprose appartient au groupe Barry Callebaut, qui est très sensible à cette thématique ».
Commentaire de la DB : Chocolat Alprose a récemment été rachetée par Barry Callebaut. La manière dont la question du travail des enfants va être abordée à l’avenir est encore floue. Mis à part la participation d’employés à une course à pied caritative en 2008, il est impossible de savoir si Alprose est engagé dans des projets concrets. Pour en savoir plus, lire le portrait de Barry Callebaut.

Chocosuisse

Citation d’Alprose : « Dans le cadre de Chocosuisse, la Fédération des fabricants suisses de chocolat, nous nous préoccupons depuis de nombreuses années des aspects sociaux de la culture du cacao en Afrique de l’Ouest ».
Commentaire DB : Chocosuisse devrait préciser la nature de son engagement pour lutter contre le travail des enfants. La Fédération est membre de différentes initiatives et organisations, mais ne communique pas sur ces affiliations ni sur les résultats de cette coopération financière ou thématique. Les consommateurs souhaiteraient connaître l’impact réel de ces projets et savoir si ces instruments permettent de combattre efficacement les conditions de travail qui relèvent de l’exploitation.


Report des responsabilités

Citation d’Alprose : « L’extrême pauvreté qui sévit dans cette région du monde est la principale cause de l’exploitation des enfants, qui, malgré l’engagement des autorités, touche malheureusement de nombreux secteurs économiques d’Afrique de l’Ouest. C’est cette pauvreté qu’il faut combattre ».
Commentaire de la DB : Les difficultés sociales rencontrées par les pays d’Afrique dans la production du cacao sont reportées sur l’Etat et la société. Alprose promet d’aider, mais cet argument ne tient pas vraiment compte des revendications des consommateurs et de la Déclaration de Berne. La notion de responsabilité d’entreprise ne signifie pas que les entreprises occidentales doivent « aider les pays du Sud », mais qu’elles doivent entretenir des relations économiques équitables avec les producteurs de cacao.

Conclusion

Alprose a commencé à aborder la question. Toutefois, aucune mesure concrète avec la société mère Barry Callebaut n’a encore été prise ni même planifiée. La responsabilité est reportée sur les états et les entreprises africaines. Les explications données par Alprose ne contribuent pas à la réalisation des exigences la DB.

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