Réaction de Camille Bloch et commentaire de la DB
| Réponse de Camille Bloch à l'attention de ses clients |
La réponse de la DB au courrier de Camille Bloch
La campagne «Non à du chocolat suisse issu du travail des enfants» a provoqué des réactions de la part des fabricants suisses de chocolat. Plusieurs d’entre eux ont répondu aux milliers de cartes de critique envoyées par leurs clientes et clients.La DB prend ici position sur la lettre envoyée par Camille Bloch le 8 avril 2009. Elle salue tout d’abord le fait que le PDG, Daniel Bloch, donne des informations sur la responsabilité sociale de l’entreprise.
Pour éviter l’exploitation des ouvriers dans les plantations de cacao, il est important de garantir la transparence, le contrôle et la traçabilité sur l’ensemble de la chaîne de production. Bien que dans sa lettre, Camille Bloch fasse état de certains progrès, de nombreuses contradictions et questions subsistent. La DB revient ici sur certaines d’entres elles.
Commentaire général
La réponse de Camille Bloch est principalement composée d’extraits de texte rédigés par Chocosuisse et ne porte pas sur la responsabilité sociale de l’entreprise elle-même: «Dans le cadre de Chocosuisse, la Fédération des fabricants suisses de chocolat, nous nous préoccupons depuis de nombreuses années des aspects sociaux de la culture du cacao en Afrique de l’Ouest».Une problématique multidimensionnelle.
Citation de Camille Bloch (traduction de l’allemand) : «Vous abordez un problème complexe auquel nous ne pouvons pas donner de réponses simples et rapides».
Commentaire de la DB : La complexité du problème est indiscutable. Toutefois, il ne s’agit pas d’une raison valable pour ne pas chercher assidûment à le résoudre.
Le cacao du Ghana
Citation de Camille Bloch: «Depuis quelques années, nous n’achetons du cacao d’Afrique de l’Ouest qu’au Ghana. Dans ce pays, les cas enregistrés de travail illicite des enfants sont extrêmement rares en raison de l’importance des petites exploitations et des contrôles étatiques ».Commentaire de la DB: Le Ghana a mieux géré la problématique du travail des enfants que son voisin, la Côte d’Ivoire. Mais comme dans d’autres pays, l’industrie chocolatière fait pression sur les prix, ce qui contribue à l’appauvrissement des paysans et les contraint à sous-payer la main d’œuvre. Même si les contrôles étatiques contribuent à éviter le travail des enfants au Ghana, les petites exploitations ne l’empêchent pas. Bien au contraire.
Citation de Camille Bloch: «le signataire s’est rendu au Ghana il y a deux ans, afin de se faire une idée de la réalité sur place ».
Commentaire de la DB: Une visite est certes louable, mais l’entreprise ne précise pas le but de ce voyage. Pour que l’information soit transparente, il est impératif de communiquer sur les modalités de la visite, les démarches entreprises sur place et le rôle des partenaires contactés. Camille Bloch devrait surtout indiquer les résultats de sa visite sur place.
Chocosuisse
Citation de Camille Bloch: «Dans le cadre de Chocosuisse, la Fédération des fabricants suisse de chocolat, nous nous préoccupons, depuis de nombreuses années, des aspects sociaux de la culture du cacao en Afrique de l’Ouest».Commentaire de la DB: Chocosuisse devrait préciser la nature de son engagement pour lutter contre le travail des enfants. Chocosuisse est membre de différentes initiatives et organisations, mais ne donne aucune information sur ces affiliations ni sur les résultats de cette coopération financière ou thématique. Les consommateurs souhaiteraient connaître l’impact réel de ces projets et savoir si ces instruments permettent de combattre efficacement les conditions de travail qui relèvent de l’exploitation.
Report des responsabilités
Citation de Camille Bloch: «L’extrême pauvreté qui sévit dans cette région du monde est la principale cause de l’exploitation des enfants, qui, malgré l’engagement des autorités, touche malheureusement de nombreux secteurs économiques d’Afrique de l’Ouest. C’est cette pauvreté qu’il faut combattre».Commentaire de la DB: Les difficultés sociales rencontrées par les pays d’Afrique dans la production du cacao sont reportées sur l’Etat et la société. Camille Bloch promet d’aider, mais cet argument montre que l’entreprise ne tient pas vraiment compte des revendications de la Déclaration de Berne et des consommateurs. La notion de responsabilité sociale ne signifie pas que les entreprises occidentales doivent «aider les pays du Sud», mais qu’elles doivent entretenir des relations économiques équitables avec les producteurs de cacao.
Conclusion
Camille Bloch a commencé de s’intéresser à cette problématique. Toutefois, aucune mesure concrète n’a été prise ni même planifiée. L’entreprise reporte la responsabilité des conditions de travail qui règnent dans le plantation de cacao sur les Etats et les entreprises de la région. Les explications données par Camille Bloch ne répondent pas aux exigences de la DB. |
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