La traite des enfants en Afrique de l’Ouest
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(c) International Labour Rights Forum

La traite des enfants est étroitement liée aux problèmes économiques et sociaux de l’Ouest et du Centre de l’Afrique. A l’origine, ce trafic s’explique notamment par des siècles d’immigration et par les inégalités de développement entre les pays voisins.

La perception et la définition de la traite des enfants varient en fonction du pays d’origine, de transition et de destination. Chaque pays se base sur sa propre conception du travail des enfants pour définir les objectifs politiques, les lois d’application et les mesures à prendre pour lutter contre ce problème. Au niveau international, la traite des enfants viole le cadre juridique international à tous les niveaux. Lorsque les enfants sont arrachés à leur famille (parce qu’ils sont vendus ou enlevés), pendant le transport, à l’arrivée dans un autre pays et lorsqu’ils vivent et travaillent dans des conditions inhumaines.

La pression de la communauté internationale

Les pays d’origine de la traite d’enfants, comme le Mali, le Burkina Faso, le Togo ou encore le Bénin, sont plus conscients de la problématique que les pays de transition ou de destination, comme la Côte d’Ivoire. Comme leurs propres enfants ne sont pas concernés, ces derniers sont plus enclins à l’indifférence. Cependant, face à la pression internationale des médias et des organisations, les pays de transition et de destination sont amenés à reconnaître la gravité du problème et à prendre des mesures de protection et de rapatriement des enfants. La Côte d’Ivoire, par exemple, s’apprête à publier un rapport sur les enfants esclaves déportés dans les plantations de cacao.

La traite des être humains ne doit pas être confondue avec la migration illégale.

Le public et les politiques des pays de destination ont tendance à considérer la traite des enfants comme une affaire extérieure, car il l’assimile à la migration illégale orchestrée par des organisations étrangères. Il est essentiel de ne pas confondre la traite des êtres humains et la migration (la traite des enfants et la migration des enfants), afin que les victimes ne soient pas considérées comme des criminels au même titre que les clandestins.

Qui est impliqué dans le travail des enfants ?

Les acteurs de la traite des enfants sont aussi bien des autochtones que des étrangers. Ils sont impliqués dans ce commerce à différentes étapes, de manière active ou passive. Le plus souvent, ils restent invisibles car ils utilisent leurs activités légales pour masquer leurs activités illégales. Le plus souvent, c’est par l’intermédiaire de chauffeurs de camions (ou de loueurs de camions) des régions riveraines à la Côte d’Ivoire, où les enfants sont recrutés pour la traite, que les trafiquants font passer les enfants pour répondre à la demande de jeunes forces de travail. La traite des enfants est un problème transnational. Les trois principaux pays d’origine de la traite, le Mali, le Burkina Faso et le Togo, doivent être impliqués pour que des solutions puissent être trouvées.

Pourquoi la traite des enfants concerne surtout la Côte d’Ivoire

L’ampleur de la traite des enfants s’explique de différentes manières. La pression sur les prix à laquelle sont soumis les agriculteurs est un facteur déterminant. Bien que la culture du cacao nécessite des investissements importants, il est vendu à un prix très bas, Ce qui oblige les cultivateurs à engager de la main d’œuvre toujours meilleure marchée. D’autre part, la dépendance des cultivateurs vis-à-vis de la production de cacao et le manque de travailleurs agricoles conduisent au recrutement d’enfants de personnes immigrées, qui ont l’avantage d’être corvéables à merci et de travailler sans rémunération.
D’autres facteurs sont également en cause, comme la traditionnelle migration saisonnière, la pauvreté des pays limitrophes à la Côte d’Ivoire, la conception socioculturelle du travail, la perméabilité des frontières, la corruption et les différentes stratégies des acteurs impliqués dans la traite des enfants.

Pour savoir plus:

• UNICEF and Innocenti Insight, Child Trafficking in West Africa: Policy Responses, 2002.
• Association allemande pour la coopération technique (Deutsche Gesellschaft für technische Zusammenarbeit -GTZ), La traite et les pires formes de travail des enfants dans les plantations de café-cacao en Côte d’Ivoire: La situation das les départements Abengourou, Oumé, et Soubré . Abidjan, 2006



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