Evolution des prix du cacao
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(c) Max Havelaar-Stiftung (Schweiz)

Comme les autres matières premières, le prix du cacao est sujet à de grandes fluctuations. Cette volatilité s’explique par la spéculation, la dérégulation des marchés et les mauvaises conditions climatiques. Et ce sont les petits paysans qui en sont directement victimes.

Depuis 1993, date à laquelle a été signée la Convention Internationale du cacao entre les pays producteurs et les pays consommateurs, aucun autre mécanisme de régulation du marché n’a été mis en place. Le cacao est une marchandise dont le prix est fixé sur les marchés de matière première de Londres et de New York. Depuis 2007, celui-ci n’a cessé d’augmenter. Selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), les principaux facteurs qui influencent le prix du cacao sont l’insuffisance de l’offre lors de mauvaises récoltes et la spéculation financière sur les variations des prix du cacao. De plus, le volume de cacao négocié sur les marchés financiers est plusieurs fois supérieur à la quantité réellement produite.

Une offre restreinte

Contrairement aux autres denrées alimentaires, qui ont vu leur cours s’effondrer suite à la crise de 2008, le prix du cacao, après avoir chuté dans un premier temps, est nettement remonté. Cette évolution s’explique par les difficultés de livraison dans les pays producteurs liés aux fortes précipitations et à une récolte plus faible que les autres années. Au cours des quatre derniers mois (de novembre 2008 à février 2009), le prix du cacao a varié entre 2000 et 2600 dollars par tonne. A titre de comparaison, en novembre 2000, la tonne de cacao valait 714 dollars.

Un cercle vicieux

Bien que les fabricants de chocolat se plaignent depuis longtemps de la faible qualité du cacao vendu sur les marchés, ils ne sont pourtant pas disposés à offrir un prix plus élevé pour obtenir du cacao de meilleure qualité. Les cultivateurs n’ont ainsi aucun intérêt à investir pour améliorer la qualité de leur production. Quand l’offre de cacao est excédentaire sur le marché, cela conduit à un cercle vicieux d’augmentation des prix et de baisse de la qualité. De plus, lorsque le prix des autres denrées alimentaires augmente fortement, comme en 2007 et en 2008, les revenus supplémentaires tirés d’un prix plus élevé permettent à peine aux petits producteurs de compenser le renchérissement.

Le drame des producteurs de Côte d’Ivoire

Les petits exploitants de Côte d’Ivoire sont dans une situation particulièrement précaire. La guerre civile a pratiquement asséché le marché local. De plus, les cultivateurs de cacao de Côte d’Ivoire doivent s’acquitter de taxes beaucoup plus élevées que dans les pays limitrophes et les négociants répercutent leurs taxes à l’exportation sur les paysans. Un cultivateur ivoirien touche à peine 35 à 40% du prix du marché alors que ses concurrents entre 75 et 90%.

Pour en savoir plus
  • Green, Matthew, Ivory Coast’s cocoa industry stares hard at a bleak future. In: Financial Times, 15th January 2009.
  • www.rabobank.com
  • www.fairtrade.net
  • www.icco.org




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